Synopsis:
Critique Presse:
« Etat limite », portrait du dernier psychiatre d’un hôpital de région parisienne
Jamal, avec son regard mélancolique, sa démarche caractéristique et son humour noir (« les fous, je trouve que c’est moins lourd que les gens normaux »), aurait pu être un personnage de fiction. Son mal de dos, conséquence de son épuisement professionnel (et peut-être, de la manière dont il se courbe à longueur de journée pour se placer à hauteur de ses patients), est un motif récurrent dans le film. «En fait, je savais à quel point la psychiatrie était délaissée, mais je ne me rendais pas compte à quel point c’était énorme physiquement», observe Nicolas Peduzzi. Dans le film, le jeune médecin analyse avec éloquence le rapport au soin et à la psychiatrie de notre société : «L’environnement urbain vise la productivité. Et le fou ne produit rien, donc on le rejette.» Ce productivisme qui abîme les malades est aussi en cause dans le déclin du métier qu’il a choisi. « Je ne peux pas quantifier ce que je fais, et comme on est dans une logique où on veut tout quantifier, ça dévalorise ce que je fais », explique-t-il sobrement. Nicolas Peduzzi, qui nous apprend que Jamal Abdel-Kader est actuellement « en pause », a pu observer la « perte d’innocence » du médecin, passionné par son métier, mais dans l’incapacité de l’exercer pleinement à l’hôpital public.
Emile Vaizand, in Slate, le 21 Mai 2023
Jamal Court
Grâce à la caméra de Nicolas Peduzzi, l’hôpital Beaujon devient beau dans sa laideur. Monstre d’architecture, rongé par la rouille à certains endroits, lézardé par d’impressionnants escaliers extérieurs, l’hôpital est le théâtre de drames silencieux. Jamal prend des nouvelles de chacun dans ce lieu fermé. Jamal court d’un service à un autre. En plus de ses patients, il reçoit aussi les personnes en grande fragilité psychique : SDF, femmes battues, etc. Jamal s’insurge contre la politique du chiffre prônée par les autorités. Jamal doute. Il voit, impuissant, l’hôpital public craqueler de partout. Lors de sa projection à Cannes, Jamal Abdel-Kader confie avoir demandé une mise en disponibilité de l’APHP et se consacre à une activité clinique bénévole, le temps de mûrir sa réflexion sur la suite qu’il donnera à sa carrière.
Mohamed Berkani, in France Télévisions, le 19 Mai 2023
Le mot CinÉduc:
Un florilège de récits puissamment orchestré au cœur d’une institution en crise, là où un psychiatre pose un regard humain sur la folie. Malgré la charge de travail oppressante qui lui incombe, Jamal met un point d’honneur à tisser des liens de confiance durables avec ses patients en plaçant la parole au cœur des échanges. Un vrai héros du quotidien que l’on n’est pas près d’oublier !
