Avec: Elina Löwensohn, Julia Riedler, Claire Duburcq, Christa Théret, Sandra Parfait, Agata Buzek, Nathalie Richard, Françoise Brion
Pays:
Genres: Fantastique, Science Fiction
Durée:
Date de sortie:
Synopsis:
Critique Presse:
« Conann » : une orgie formelle signée Bertrand Mandico
En redonnant naissance au personnage de Conan le Barbare qu’il projette dans un corps féminin, Mandico fait sauter les limites de son cinéma et nous fait vivre une expérience de jubilation immense.
Ludovic Béot, in Les Inrockuptibles, le 20 mai 2023
« Conann », la guerrière féroce et sanguinaire de Bertrand Mandico
Relecture féminine du mythe d’heroic fantasy né sous la plume de Robert E. Howard en 1932, popularisé en version musculeuse par Arnold Schwarzenegger dans le film de John Milius (Conan le Barbare, 1982), Conann apparaît d’emblée comme le plus accompli, à ce jour, [des] trois longs-métrages [de Bertrand Mandico], le plus furieux aussi. Cela ne s’explique par tant par un afflux de moyens, Mandico pratiquant un artisanat cousu main, couvé en studio. Mais, en transposant ses sortilèges sur une scène de théâtre, le cinéaste semble avoir trouvé un nouveau lieu de prédilection, ainsi qu’un laboratoire encore plus fulminant.
Mathieu Macheret, in Le Monde, le 19 mai 2023
« Conann », le festin barbare
Si tout cela est encore difficile à suivre, le geste initial du cinéaste dans les premières scènes nous avertissait du saut de l’ange qui se préparait. Bertrand Mandico capte ainsi le mouvement de manière à ce que la scène de théâtre, voire de l’opéra, trouve l’appétence et la fibre cinématographique, une denrée rare dans un paysage aussi atypique et franchement bien restitué. Il constitue alors une galerie de comédiennes qui n’est pas ici pour s’approprier une quelconque virilité, mais il s’agit plutôt d’investir un récit, où le genre ne serait plus le sujet et où le corps féminin ne serait plus un tabou. Le résultat fascine et ne manque pas de tourmenter le spectateur dans un festin barbare.
Tuer la jeunesse et trahir ses ambitions sont les enjeux de l’héroïne, qui apprendra à ses dépens que tout ce qui ne la tue pas la rend plus émotive. En puisant dans la mythologie celte, Mandico déroute sans relâche le spectateur, à travers un rapport à notre époque qui échelonne la morale d’un bon coup d’épée et parfois directement dans la trachée. Appuyé par une mise en scène d’une grande fluidité, nous découvrons en Conann un conte et une mise en garde contre la barbarie, dont on se souviendra encore un moment, pour le plaisir de nos pupilles et pour certains de leurs papilles.
Jérémy Chommanivong, in Lemagduciné, le 22 mai 2023
Le mot de CinÉduc:
Cette expérience visuelle et narrative intense a marqué les spectateurs du Festival. L’acte artistique radical proposé ne peut pas laisser indifférent et questionne notre rapport à la barbarie, à la féminité, à l’image, à l’art en général. Les décors et costumes d’une grande richesse, l’usage du noir et blanc et de la couleur, sont mis au service d’une mise en scène de visions très personnelles et universelles.
