Synopsis:
Critique Presse:
Dans l’enfer d’une déchetterie khirghize.
Des images impressionnantes d’une colline d’ordures qui fume et rougeoie dans la nuit. Et sur cette colline des dizaines de femmes, d’hommes et parfois d’enfants qui fouillent avec une fourche à la recherche de plastique, de verre et de métal. Ils ont des gants mais pas de masques, ils sont toujours sales au contact des détritus. La vodka comme viatique, pour ne plus être en état de se battre pour l’un, pour se protéger du coronavirus pour une autre. Là un homme malade gît sur un matelas ; «on aurait pu lui donner une couverture propre» entend-t-on.
Ils sont en mode survie, pas facile de garder sa dignité quand tout l’environnement est sale. Mais ils y tiennent et ils le proclament.
Parmi eux, un couple qui s’est installé un « petit salon » parmi les détritus. Elle a le visage de celle qui a beaucoup vécu et beaucoup bu. Son nez à lui est déformé par les bagarres. Ancien militaire de carrière dans l’armée russe, il confesse avoir été un monstre pendant la guerre de Tchétchénie : « On empalait les femmes et les enfants… Je me déteste, j’étais juste une machine à tuer ».
Denis Gheerbrant et Lina Tsrimova ont réussi leur immersion dans ce milieu à priori hostile. Cela a permis ces images saisissantes de visages, et les confessions d’êtres marqués par le sort, dont quelques uns échoués là depuis l’éclatement de l’URSS.
Frenchtouch2.fr
Le mot de CinÉduc:
Un documentaire filmé en objectif 50 mm, une approche respectueuse et dans la dignité entre les réalisateurs et les protagonistes au ban de la société. Des images et des paroles poignantes, intenses et rarement entendues, sans aucun voyeurisme.
