Avec: Harris Dickinson, Charlbi Dean, Woody Harrelson, Zlatko Burić, Vicki Berlin, Dolly de Leon, Henrik Dorsin, Iris Berben
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Synopsis:
Critique Presse:
De La croisière s’amuse à Koh-lanta (il n’y a qu’un pas)
Les trois parties qui composent Triangle of Sadness brouillent les pistes. Le film n’est jamais là où on l’attend. La narration se présente, au départ, comme une (fausse) radiographie des rapports de genre, à travers la représentation d’un couple virtuel (à la solde du marketing des réseaux). La suite du film opère un virage à 180 degrés. La partie consacrée à la croisière dégouline (littéralement) de drôlerie. Le cinéaste se (dé)centre du duo Carl-Yaya afin d’introduire un panel de personnages hauts en couleur à l’image du milliardaire (et oligarque) russe Dimitry (Zlatko Buric).
Berenice Thevenet, in Le Mag du Ciné, le 23 mai 2022 (consulté le 26 mai 2022)
« Triangle of Sadness » : Eat the rich !
The Square s’appropriait complaisamment les codes d’une classe pour leur donner leur dose annuelle de dérision satisfaite. Avec cette débauche corporelle, Triangle of Sadness, va bien plus loin. Il ne se contente pas d’un cynisme cantonné à l’ordre du discours. Ruben Östlund semble avoir pris conscience que l’insolence conduit souvent à la bonne conscience bourgeoise. Le cinéaste prend ici la précaution de dynamiter le piège de la convenance en faisant suivre chacune de ses saillies satiriques par une exultation physique proprement dégueulasse.
Le renversement de l’ordre établi n’est donc plus seulement de l’ordre du symbolique. Ce renversement-là est le moteur idéal du rire gras bourgeois qui s’accorde à intervalles réguliers une petite dose d’auto-dérision méprisante – et méprisable. Ici, il est constamment prolongé par un renversement physique.
[…] Si « cynisme opportuniste » il y a, il s’agit bien de celui d’une certaine partie du public qui, offusquée par une telle obscénité, cache son dégoût derrière la croyance que l’outrage se doit toujours d’être subtil. Mais pardonnons-leur, le film de Ruben Östlund se prête à l’exercice de la mauvaise foi. Triangle of Sadness n’est ni subtil ni élégant, il est même parfois violemment méchant, voire ridicule – quelques caractéristiques que la bourgeoisie ne peut supporter.
Il en ressort en tout cas que l’obscénité des possédants demeure incommensurable à l’inverse de la réussite de Ruben Östlund : toute humaine donc, elle est imparfaite mais tellement, tellement réjouissante.
Anaïs Calon, in Maze, le 24 mai 2022 (consulté le 26 mai 2022)
Le mot de CinÉduc:
Ruben Östlund revient à Cannes avec une nouvelle satire sans concession du monde des hyper riches. Avec cynisme, rien ne leur est épargné. En revanche, le spectateur s’amuse de ce jeu de massacre. Des personnages méprisables, mais beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît, notamment grâce à l’interprétation d’un groupe d’excellents acteurs. La maestria de la mise en scène de Ruben Östlund nous offre, à nouveau, plusieurs scènes d’anthologie.
