Synopsis:
Critique Presse: Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, très chairs
Leur nouveau documentaire présenté à la Quinzaine des réalisateurs, s’intéresse au corps humain dans le contexte de l’hôpital, fabrique où il est examiné, exploré, sectionné, réparé, remis sur pied. Sans explication superflue, ni contexte écrasant, le film de Paravel et Castaing-Taylor, explore le corps humain au travers d’opérations filmées en très gros plan. Des images ahurissantes et pas toujours faciles à appréhender mais qui, loin de tout sensationnalisme, débordent en fait d’humanité.
[…] La poésie et le fantastique, avec ces paysages intérieurs pleins de cratères, torrents et anfractuosités. L’humour de ces situations ubuesques mais affreusement banales où, en pleine opération de l’œil, des chirurgiens se mettent à discuter du prix du mètre carré. Le suspense surtout – celui où après un long voyage à travers tissus et artères, la caméra remonte, sort du corps et dévoile le contexte des images, comme lors de cette incroyable scène où l’on s’extasie devant une machine futuriste excavant on ne sait quelle chaîne de montagnes du cosmos, avant de découvrir qu’il s’agissait d’une opération de l’urètre.
[…] Les réalisateurs déclarent que « c’est au fur et à mesure du tournage que le film s’est dessiné et que sont apparus en filigrane le manque de moyens, la détresse du personnel, qu’on sent à chaque image. C’est un travail insensé et on voulait aussi rendre hommage à celles et ceux qui le font. Des gens qui passent leurs journées à pénétrer, déchirer, explorer, découper des corps. A qui on demande d’être des dieux et qui ne peuvent pas toujours en être capables. »
Lelo Jimmy Batista, in Libération, le 25 mai 2022
De Humani Corporis Fabrica, une incroyable aventure intérieure
Le film est renversant, tout à la fois comme fabrique de sensations et comme fabrique d’images. Sensations, car on a souvent l’impression qu’il nous touche (au sens du toucher), nous prolonge comme un membre fantôme, se déplace à l’intérieur de nous – le réflexe d’agripper la partie de notre propre corps mise en charpie à l’écran revient souvent. Images, car l’idée motrice est évidemment d’explorer les perspectives de picturalité incroyables du corps humain, sorte de toile abstraite et vivante, fluctuante, qui semble se peindre toute seule.
Théo Ribeton, in Les Inrockuptibles, le 24 mai 2022
Le mot de CinÉduc:
Oh my surgeon ! Ce documentaire nous a bouleversés physiquement et émotionnellement. Plastiquement remarquable, nous avons l’impression de plonger tantôt sous la mer, de voyager dans l’espace, d’explorer des grottes ou d’admirer des œuvres picturales contemporaines. La pleine maîtrise du montage n’est pas étrangère à la réussite de ce documentaire. Enfin, dépourvue de voix off et micros ouverts, la parole des soignants est mise à nue. C’est un témoignage précieux, deux ans après la crise du covid. Un bel hommage au corps médical et aux chirurgiens en particulier.
Attention, ce documentaire montre des images qui peuvent déranger les personnes sensibles.
