Avec: Mouna Hawa, Salwa Nakkara, Yumna Marwan, Mohammad Al Jizawi, Eslam Al-Awadi, Haitham Omari, Seleena Rababah, Serene Huleileh
Pays:
Genres: Drame
Durée:
Date de sortie:
Synopsis:
Critique Presse:
» Inchallah un Fils » à Cannes déconstruit le patriarcat arabe
En tenant à sa mission de jeter la lumière sur un sujet douloureusement omniprésent dans la société contemporaine, le cinéaste jordanien Amjad Al Rasheed a été accueilli par une salve d’applaudissements après la projection de son premier long-métrage. Tourné dans la pittoresque ville d’Amman et bénéficiant du soutien de la Commission royale du film de Jordanie, ce film ne laisse personne indifférent.
Le réalisateur nous plonge alors dans un monde de duplicité, où le beau-frère bien intentionné se transforme en une figure oppressive, réclamant ce qu’il considère comme sa part d’héritage et allant même jusqu’à menacer de retirer la garde de sa nièce à Nawal. La protagoniste se voit également trahie par son propre frère, qui préfère rester silencieux pour éviter tout scandale. Désespérée, Nawal feint une grossesse dans l’espoir d’acheter du temps.Le destin des femmes, souvent dépossédées de leur libre arbitre et victimes de violations de leurs droits, est un sujet qui reste douloureusement pertinent dans le monde arabe. Après la première projection, une spectatrice émiratie a même approché Al Rasheed pour lui dire : » Cette histoire, c’est la mienne. « .
Le réalisateur dépeint aussi l’intransigeance du conservatisme sociétal qui stigmatise rapidement les femmes pour leur » mauvaise conduite « , si elles sont aperçues en compagnie d’un homme hors de leur cercle familial ou rentrent tardivement à la maison.
Sophia Novalis, in Ici Beyrouth, le 22 Mai 2023
Pour les droits des femmes
Stupéfiant de maîtrise et d’excellence scénaristique, cette poignante œuvre rappelle tristement l’état consternant de la place de la femme dans la société jordanienne, réduite à si peu de choses, bénéficiant d’une infime capacité d’action et de pensée. Inchallah un fils, avec son rythme haletant, propose un angle de vue direct, une fenêtre ouverte vers l’indicible, l’inacceptable domination patriarcale. En proposant un sujet aussi osé, le réalisateur développe un point de vue partial, rebattant les cartes d’un schéma dominé par une masculinité envahissante, jugée privilégiée, régissant tout, plaçant la gent féminine dans une position plus qu’inférieure, de soumission. Cette femme affiche son courage face à l’absurdité des hommes. Ce que raconte Inchallah un fils doit bénéficier d’une exposition médiatique importante, et le film auréolé d’un succès incontestable.
Sylvain Jaudry, in Le Movierama, le 18 Mai 2023
Le mot de CinÉduc:
Un premier film jordanien présenté par la Semaine de la Critique, touchant et émouvant par sa sensibilité et sa justesse dans la réalisation. Une fenêtre ouverte sur les inégalités de genres omniprésentes dans la société jordanienne, notamment à l’égard des femmes veuves. Porté à l’écran par un personnage féminin résilient et combatif, Inchallah un fils se déroule tel un thriller avec une bonne couche de suspens.
