Avec: Olfa Hamrouni, Eya Chikahoui, Tayssir Chikhaoui, Nour Karoui, Ichraq Matar, Majd Mastoura, Hend Sabry
Pays:
Genres: Drame, Documentaire
Durée:
Date de sortie:
Synopsis:
Critique Presse:
« Les filles d’Olfa » : l’audace récompensée
C’est un fait divers qui a défrayé la chronique en Tunisie voilà quelques années. Olfa, mère célibataire de quatre filles, a vu un jour ses deux aînées disparaître soudainement. « Elles ont été dévorées par le loup », apprend-on, aussi mystérieusement que pudiquement, dans les premières minutes de ce film que Kaouther Ben Hania (nommée à l’Oscar du film étranger 2021 avec L’homme qui a vendu sa peau) a eu envie de consacrer à cette histoire ou plus précisément à cette famille singulière, riche en contradictions, porteuse en son sein d’autant d’amour que de violence.
Thierry Cheze, in Premiere.fr, le 21 Mai 2023
« Les filles d’Olfa », un vertigineux dédale émotionnel entre mère et filles
Pour retracer [l’histoire d’Olfa], Kaouther Ben Hania a conçu un dispositif singulier, que l’on pourrait qualifier de « documentaire sur la préparation d’un faux film de fiction ». Olfa et ses deux filles cadettes, Eya et Tayssir, encore adolescentes, témoignent en tant que telles (mais jouent aussi leur propre rôle…) face à deux actrices professionnelles (Nour Karoui et Ichraq Matar) qui interprètent leurs filles et sœurs disparues. Pour ajouter d’autres couches de complexité au mille-feuille narratif, Olfa, par ailleurs comédienne née, partage également de nombreuses scènes avec la star engagée pour l’incarner (Hend Sabri), et des images d’archives ponctuent le récit, au point que, de manière vertigineuse, on ne sait parfois plus ce qui ressort de la réalité ou de sa recréation. […] L’artificialité du dispositif est assumée sans détour par Kaouther Ben Hania, jusque dans son choix de faire interpréter l’ensemble des rôles masculins par un seul et même acteur […]. Mais comme dans Close-up, d’Abbas Kiarostami, influence revendiquée, où la réflexion sur le film est incluse dans la mise en scène elle-même, ses mensonges permettent d’accéder à la vérité. À savoir, la répétition des traumas familiaux qui, telle une malédiction, semblent se transmettre inexorablement de mère en filles.
Samuel Douhaire, in Télérama, le 20 Mai 2023
« Les filles d’Olfa » – Kaouther Ben Hania – Critique
Kaouther Ben Hania a l’intelligence de sortir des sentiers battus et d’éviter le tract militant. Sa démarche est réellement expérimentale et séduisante à la fois, dans le prolongement de films qui l’on marquée, à savoir F for Fake d’Orson Welles, Close-Up d’Abbas Kiarostami ou Dogville de Lars von Trier, pour le huis clos avec décor unique, source de distanciation.
Gérard Crespo, in Avoir à lire, le 21 Mai 2023
Le mot de CinÉduc:
Ce film se démarque grâce à ses actrices – professionnelles ou non – touchantes et attachantes. Leur sincérité crève l’écran, nous émeut et nous a fait passer du rire aux larmes. Ce film est également original grâce à la réflexion qu’il propose sur l’univers du cinéma : qu’est-ce qu’incarner un personnage ? Réaliser un film ? Le vertige des identités rend ce film inclassable : ni tout à fait fiction, ni tout à fait documentaire.
