Congo Boy (2026)

Réalisé par Rafiki Fariala

Avec : Bradley Fiomona, Christy Djomanda Louba

Pays :  République centrafricaine

Genres : Drame

Durée : 1 h 30 min

Date de sortie : 5 juin 2026

Synopsis :
Bangui. Robert a 17 ans et rêve de faire carrière dans la musique. Mais il n'est pas un Centrafricain comme les autres. Il est un réfugié congolais. Lorsque ses parents sont arrêtés, il doit s'occuper seul de ses quatre jeunes frère et sœurs. Il jongle alors entre petits boulots et révisions du bac, tout en évitant les milices qui font régner la terreur dans la ville. Un jour, il apprend qu'un concours musical est organisé. Gagner devient son seul espoir.

 

Critique Presse :

Entre espérance et moralisme

« Le contexte dans lequel Robert évolue présente tous les éléments d’un réalisme brutal de quoi nourrir le désespoir. Or, le réalisateur choisit la voie lumineuse de l’optimisme. Congo Boy repose sur la conviction idéaliste selon laquelle la jeunesse centrafricaine pourrait encore échapper au cycle de la violence grâce à l’éducation, à la solidarité et à la persévérance individuelle, bref à la croyance en son propre potentiel. Le personnage principal devient ainsi une figure exemplaire : malgré les pertes, la pauvreté et les humiliations, il refuse de céder à la logique des armes et au fatalisme. Il comprend que la voie qu’il emprunte malgré lui ne mène qu’à l’impasse. Il lui faut beaucoup de force pour s’admettre en tant que refugié congolais, et ne plus se cacher pour se protéger. Cette orientation donne au film une tonalité profondément optimiste […] : l’avenir du continent dépend de la capacité des jeunes générations à reconstruire un imaginaire collectif éloigné de la guerre. Certains dialogues prennent alors la forme de véritables leçons de vie, insistant sur le courage, le travail ou la nécessité de croire en soi. […] Congo Boy refuse le regard misérabiliste souvent porté sur l’Afrique centrale souvent emprisonnée dans les stéréotypes de populations qui vont à la dérive suivant les caprices des chefs de guerre. Le cinéaste montre des personnages capables de rêver, d’aimer et de se projeter. […]

Hassouna Mansouri, in Africiné, 16 mai 2026


Le mot du réalisateur Rafiki Fariala : 

Venu au cinéma par la musique, né en RDC mais élevé en République centrafricaine, le cinéaste a présenté à Cannes une première fiction,  «Congo Boy», aux accents autobiographiques.

Lors de la projection de son premier film de fiction, dans l’immense salle Debussy, Rafiki Fariala s’est soudain mis à chanter. Congo Boy, a-t-il commencé en voix parlée, raconte l’histoire d’un jeune homme né en république démocratique du Congo (RDC) qui s’est réfugié «dans un autre pays africain», puis le jeune réalisateur a poursuivi en ajoutant une mélodie : «Et c’est mon cas… je suis né au Congo, mais j’ai grandi en République centrafricaine… Avec mes parents, on a fui la guerre… J’étais obligé de cacher mon identité… des fois, mentir…», jusqu’à la présentation de l’équipe, toujours sur un air de slam.

Rafiki Fariala, cinéaste de 29 né en 1997 à Uvira au Kivu (RDC), arrivé «bébé» en République centrafricaine, a commencé par faire carrière dans la musique (sous le pseudo Rafiki RH2O). Congo Boy, qui suit dans sa course un ado en quête de réussite dans cette voie, colle à la vie de son auteur. « C’est par la musique que je suis venu au cinéma. Quand je chante, je glisse et tout coule. Je me laisse emporter.» […] «Je ne voulais pas juste raconter mon histoire, mais celle des réfugiés congolais à Bangui [capitale de la République centrafricaine, ndlr]. Quand on parle de réfugiés, on pense généralement aux camps, ou à ceux qui quittent l’Afrique pour aller vers l’Europe. On n’imagine pas qu’il y a aussi ceux qui quittent un pays africain pour aller vers un autre pays africain.»[…] «Je bénéficie du statut de réfugié depuis dix ans. J’espère un jour pouvoir circuler partout où je veux et m’occuper librement de ma famille.» Comme son héros dans le film, il est l’aîné d’une fratrie de cinq. Il n’a pas voulu modifier les prénoms de ses sœurs et de son frère dans le passage à la fiction : il y a Espérance, «la plus grande», Jacqueline, Aurélie et Daniel, le benjamin. Ses parents, tous deux congolais d’origine, vivent en République centrafricaine. Ils n’ont pas encore vu le film, mais savent que leur fils est au Festival et sont «très fiers». Impossible de les faire venir, mais peut-être un jour. «Ça viendra.»

Thomas Stélandre, in Libération, le 20 mai 2026


Le mot CinÉduc :

Congo Boy est un film incandescent, profondément humain qui porte un regard inattendu sur les enjeux de migration entre pays africains. Nous avons vibré au rythme de la musique de Robert et avons été touchés par sa sensibilité, son courage pour s’affranchir des contraintes familiales et son désir inébranlable de ne pas renoncer à ses rêves.