Avec: Iair Said, Rita Cortese, Antonia Zegers, Juliana Gattas
Pays:
Genres: Drame
Durée:
Date de sortie:
Synopsis:
Le titre « La plupart des gens meurent le dimanche » est devenu pour sa sortie Française: « Moi, ma mère et les autres ».
Most People Die on Sundays de Iair Said, éloge de la lose.
Ce premier film du cinéaste argentin Iair Said (présenté à l’ACID) est un petit traité réussi sur le droit à l’échec.
David, c’est d’abord un corps loufoque, pataud, qu’on croirait sorti d’une comédie des frères Farrelly. C’est aussi une identité contrariée : juif-argentin, gay, à la fois enfant prodige et encombrant d’une famille sur le point de perdre son patriarche hospitalisé. Dans l’attente de cette mort qui ne vient pas, que chacun attend comme un soulagement sans se l’avouer, le film prend le parti-pris du rire sardonique. Les aventures de David […] sont une série de déconvenues tragi-comiques, filmées avec un sens du découpage ubuesque, des répliques amères. […]
A l’image de la mise en scène, bourrée de ruptures de ton, David est à la fois pathétique et sublime – mais jamais regardé avec dolorisme ou pitié. Et il nous rappelle qu’à tout âge, on a le droit de manger des hamburgers sur le parking d’un fast-food craignos, avant d’aller affronter le monde adulte qui fait si peur…
Léa André-Sarreau, in Trois Couleurs, le 21 mai 2024.
Most People Die on Sundays
Pour son premier long-métrage, Iair Said explore les dynamiques familiales dans un projet qu’on imagine cathartique à plusieurs titres. Il y évoque l’Argentine, son pays natal, le judaïsme, sa religion, son homosexualité, et enfin, sa famille. Dans son film, il la retrouve après une absence choisie et doit composer de nouveau avec tout ce que cela implique. À défaut d’être plus heureuse, la vie de David loin de ses proches avec qui il a pourtant de bons rapports, semble plus convenable, du moins plus facile à manœuvrer. La distance permet à ce grand enfant, ce géant imposant et impassible, d’éviter de leur dévoiler les détails d’une existence peu épanouie. Pourtant, à l’occasion de sa visite à Buenos Aires, son quotidien le rattrape et on en découvre alors les composants : une série de mauvais choix, de maladresses et de frustrations qui ne semblent même plus l’étonner. Plus que cela, l’échec semble même faire partie de son fonctionnement. Lui qui accumule les déconvenues sentimentales met fin à la seule étreinte qui aurait pu conjurer le sort de sa misère sexuelle.
Matthieu Touvet, in Le bleu du miroir, le 21 mai 2024.
Le mot CinÉduc :
Que de thématiques traitées en 1H15 ! Iair Said a su nous conquérir avec ce long-métrage qui sait bien souvent simultanément nous émouvoir autant que nous divertir. D’une recherche de somnifère dans l’avion à des épisodes de voiture cocasses, toutes les situations qui pourraient sembler banales sont filmées avec tendresse, poésie et dynamisme. Dans un contexte des plus difficiles en termes de soutien à la culture en Argentine, nous avons eu à cœur de diffuser ce film attachant et riche porté par un personnage complexe et touchant. Une envie point après le visionnage : retrouver le chemin d’une soirée, les lèvres peintes en bleu…

Intéressant, ce film aborde plusieurs valeurs d’une manière originale et intelligente.