Avec: Janel Tsai, Brando Huang, Ma Shih-yuan, Nina Yeh, Alvin Lin, Blaire Chang, Yen-Ju Chen, Akio Chen
Pays:
Genres: Drame
Durée:
Date de sortie:
Synopsis:
Critique Presse:
Festival de Cannes 2025 : « Left-Handed Girl », le duo gagnant Shih-Ching Tsou-Sean Baker
« Si Left-Handed Girl présente quelques familiarités avec l’univers de Sean Baker, à commencer par un génial personnage d’enfant laissé à lui-même, incarné avec beaucoup de naturel par Nina Ye, et une énergie de chaque instant portée par un montage vif, le long-métrage résonne étroitement avec la vie de sa réalisatrice. Shih-Ching Tsou, venue aux Etats-Unis pour poursuivre ses études supérieures et y vivre, est retournée tourner à Taïwan, son île natale. C’est elle, la gauchère, qui donne son titre à Left-Handed Girl. Comme dans le film, son grand-père lui répétait que la main gauche était celle du diable et qu’il fallait plutôt utiliser la droite.
Left-Handed Girl fait le portrait d’une mère, Shu-Fen (Janel Tsai), et de ses deux enfants, l’une tout juste adulte I-Ann (Shih-Yuan Ma), l’autre, I-Jing, encore très jeune, qui retournent vivre à Taipei […]
Avec Sean Baker, Shih-Ching Tsou partage cette attention particulière accordée aux lieux. [Le] marché nocturne est un personnage à part entière avec ses lumières, ses couleurs, son activité. Il guide l’esthétique presque pop du film, qui s’ouvre sur une scène où l’on observe la ville à travers un kaléidoscope. Left-Handed Girl a ainsi les apparences d’une œuvre joyeuse et colorée, presque enfantine. »
Boris Bastide, in Le Monde, le 16 mai 2025.
[Cannes 2025] Pourquoi “Left-Handed Girl” est bien plus qu’un film mignon
Une étude de mœurs
« […] [C]’est une sorte de grand arbre généalogique de l’irresponsabilité maternelle qui fait pousser ses branches géantes, comme si le matriarcat initialement fantasmé par ce trio de mères et de filles évoquant plutôt des sœurs (il n’y a pas vraiment d’horaires, d’autorité, d’habitudes quotidiennes, tout le monde travaille plus ou moins…) était un idéal totalement empoisonné.
Quand bien même la débâcle est quasi totale du côté du masculin (à l’exception d’un personnage, c’est un festival de superstitieux, d’imbéciles, d’infidèles et de gâtés pourris), Tsou fait surtout un sort à une certaine forme de transmission inconsciente du malheur féminin, d’hérédité de l’échec, qui attrape par le col la chronique kawaï pour l’envoyer dans une étude de mœurs finalement bien plus remuante que prévu, jusqu’à une fin qui n’est pas loin d’être bouleversante. »
Théo Ribeton, in Les Inrocks, 16/05/2025
Le mot de la réalisatrice Shih-Ching Tsou (interview) :
« Ce film est ancré dans mes souvenirs d’enfance à Taiwan, en particulier dans les tensions tues au sein d’une famille traditionnelle et les rébellions silencieuses qui passent souvent inaperçues. Il m’a fallu des années pour observer, ressentir et mûrir tout cela avant d’en faire un film. Le réaliser a été à la fois un acte de mémoire et de guérison.
Le tournage a été d’une intensité incroyable, mais aussi exaltant. Nous avons tourné sur place, dans les marchés nocturnes de Taipei, ce qui signifiait qu’on avait peu de contrôle sur l’environnement. Ce chaos fait partie de l’énergie que l’on retrouve dans le film. Il reflète l’urgence émotionnelle des personnages. »
Le mot CinÉduc :
Left-Handed Girl a remporté l’unanimité au sein de notre commission. Nous avons été conquis par la vivacité de la réalisation, les couleurs pop, le rythme endiablé du récit. Les personnages féminins, sur trois générations, offrent une photographie des contradictions existant dans la société taiwanaise entre tradition et modernité. Laissez-vous emporter par la spontanéité de la petite gauchère incarnée par la prometteuse Nina Yeh.
