Petite dernière (La) (2025)

Réalisé par Hafsia Herzi

Synopsis:
Fatima est la cadette d’une famille d’immigrés algériens. De son lycée de banlieue, elle intègre une classe préparatoire huppée. Entre le passage de la frontière sociale, son désir pour les femmes qu’elle a du mal à assumer et sa foi musulmane qui s’y oppose, Fatima va devoir affronter ses identités multiples. A mesure qu’elle prend ses distances avec la tradition familiale et débute sa vie de jeune femme, elle découvre de nouveaux codes.

 

Critique Presse:

La Petite dernière : coup de foudre pour le nouveau Hafsia Herzi

Un geste de cinéma d’une grande maîtrise et d’une grande pureté, prolongeant en montant encore de plusieurs crans ce qui a fait le sel de ses films précédents. Sa mise en scène vibrante qui magnifie les visages, les regards et les corps. Sa virtuosité dans l’art des dialogues. Sa capacité à distiller un humour irrésistible au sein des échanges les plus tendus, pour leur donner relief, naturel et profondeur. Sa maestria à orchestrer des scènes chorales agitées ou dansées que les moments intimes de découverte de la chair et de la passion amoureuse.

Thierry Cheze, in Première, le 17/05/2025


Cannes 2025 : « La petite dernière », l’émancipation selon Hafsia Herzi

Dans son nouveau film en tant que cinéaste, la talentueuse comédienne dresse le portrait sensible d’une jeune fille de banlieue en proie à des désirs contradictoires. Une réussite.

« Le cinéma français donne d’excellentes raisons de s’enthousiasmer en ce début de compétition et propose des fictions qui regardent droit dans les yeux[…], Hafsia Herzi raconte […] une histoire scrupuleusement inscrite dans le contexte d’aujourd’hui avec « La petite dernière », libre adaptation du roman éponyme de Fatima Daas.

Fatima, 17 ans et d’origine algérienne, vit dans la banlieue parisienne avec ses deux sœurs aînées, sa mère aimante et un père qui, la plupart du temps relégué dans la profondeur de champ, prête une oreille distraite aux éclats de rire et aux engueulades de ses filles. Murée dans son silence, d’un tempérament solitaire même quand elle côtoie ses contemporains, la jeune héroïne multiplie les paradoxes. »

Olivier De Bruyn, in Les Echos, 17/05/2025


Le mot de la réalisatrice Hafsia Herzi

“J’étais très émue, parce que c’est un moment que j’appréhendais, dès que j’ai appris la sélection du film. J’espérais que le film soit bien reçu, et hier, c’était incroyable”.

“Ça a été difficile, vraiment, dès le début de recherche de financement, on n’a pas été trop soutenus, mais on l’a été par les bonnes personnes. Je me doutais que ça allait être un film compliqué à faire, mais après, ça s’est très bien passé, à part sur le tournage… Il y a carrément des techniciens qui se sont fait caillasser, menacer parce que certaines personnes avaient entendu parler du sujet et n’étaient pas d’accord avec”, poursuit la réalisatrice. “C’est très choquant”, dit-elle. “Je savais qu’il y avait des gens homophobes et des personnes pas tolérantes, mais pas à ce point.”

Quid de l’histoire ? “Je me suis dit que je n’avais jamais vu ce personnage-là au cinéma. Je connais ce personnage dans la vie, je l’ai connu, je sais qu’il existe et j’avais envie de le filmer, de le mettre en scène justement pour que toutes les personnes qui passent par là, qui vivent ça puissent s’identifier”, détaille Hafsia Herzi. “Et j’ai été attrapée par le personnage, même si ce n’est pas une histoire autobiographique, il m’a bouleversée du début à la fin. Cette histoire est universelle, c’est un film qui est plus sur les préjugés que sur la religion, au fond.”

Interview relevée par France Inter, le 17/05/2025


Le mot CinÉduc :

Nous avons été émus par ce long-métrage d’Hafsia Herzi et conquis par la performance de Nadia Melliti pour son premier film. Elle incarne avec force, justesse, retenue un personnage complexe, écartelé entre traditions familiales, injonctions religieuses et son désir d’émancipation. L’œil de la réalisatrice a su subtilement capturer le tiraillement intérieur du personnage grâce à un travail photographique délicat sur l’ombre et la lumière, le mouvement et l’enfermement.

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