Avec: Aïssa Maïga, Laëtitia Ky, Déborah Naney, Mohamed Grayaâ, Foued Zaazaa, Estelle Dogbo, Touré Blamassi, Sophie Tankou
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Critique Presse:
Promis le ciel : exil et sororité en clair-obscur
Pour son drame social, Erige Sehiri ne choisit pas la neutralité visuelle du documentaire, mais une esthétique soignée, artistique, où chaque lumière tombe parfaitement. Beaucoup de scènes se déroulent au lever ou au coucher du soleil, entre chien et loup. La réalisatrice joue avec les entre-deux, ces moments qui hésitent entre clarté et obscurité, comme les personnages du film, coincés entre plusieurs mondes. Lequel choisir ? Rester et continuer à faire vivre la communauté en incluant cette enfant sans identité ? Tenter la traversée que ses parents n’ont jamais pu terminer ? Faire demi-tour ?
Clémence Lesacq Gosset, in Movierama, le 15/05/2025
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Promis le ciel jette une lumière crue sur la politique de répression menée par le président Kaïs Saïed à l’égard des migrants subsahariens. […] [L]e film touche […] à quelque chose de fort dans l’extrême précarité des liens que nouent les personnages. Face aux menaces qui s’accumulent, tout semble inexorablement voué à se déliter dans une mélancolie infinie. Au générique résonnent les paroles de la chanson de Delgres, qui donne son titre au film : « On m’a promis le ciel/En attendant j’suis sur la Terre/A ramer/A ramer. »
Boris Bastide, in Le Monde, le 19/05/2025
Le mot de la réalisatrice Erige Sehiri (interview)
« J’avais travaillé en 2016 sur un documentaire sur les étudiants subsahariens en Tunisie et j’avais vu qu’ils avaient créé leur propre milieu, comme le font toutes les communautés migrantes dans un pays. Ce qui était aussi intéressant, c’est que la Tunisie, qui est un pays d’émigrants quittant le pays, se retrouvait tout d’un coup à en accueillir. J’ai commencé à creuser le sujet et j’ai découvert que 80% de la migration africaine se déroule à l’intérieur de l’Afrique et 20% vers l’Europe. Ce chiffre m’a frappée et je me suis penchée sur les déplacements internes à l’Afrique, notamment de l’Afrique subsaharienne vers la Tunisie. Il y avait un autre élément fondamental, le fait que les Tunisiens parlent tout le temps de ces migrants comme des Africains, comme s’ils ne l’étaient pas eux-mêmes. Je me suis donc intéressée à cette question un peu identitaire de l’africanité de la Tunisie. Tout a commencé avec ces questionnements et ensuite par une rencontre avec une journaliste ivoirienne dont je suis devenue assez proche et qui m’a révélée qu’elle avait un deuxième métier de pasteur. Une jeune pasteur, une pasteur femme, une pasteur en Tunisie et une pasteur comme une entrepreneuse car elle oeuvrait comme une association, en organisant des prières et en soutenant la communauté : j’ai trouvé ça fascinant et c’est ainsi que j’ai commencé à penser à l’histoire du film. Mais très vite, j’ai finalement voulu construire un tableau, un film choral car les raisons pour lesquelles ces femmes sont en Tunisie sont diverses et parce que je voulais éviter les stéréotypes. Donc j’ai décidé de montrer des femmes de milieux différents. »
Fabien Lemercier, in Cineuropa, le 15/05/2025.
Le mot CinÉduc :
Promis le ciel met en lumière les problématiques migratoires, et le fait sous un jour nouveau. Il met en scène la communauté ivoirienne, en Tunisie, en se concentrant sur la situation de quatre femmes. Ce long-métrage croise différents thèmes : la dualité entre conviction religieuse et futilité des efforts – les contradictions entre solidarités et trahisons dans une même communauté – la violence de l’administration tunisienne envers l’immigration ivoirienne et l’émergence de conceptions différenciées de ce qu’est l’Afrique, selon son origine. C’est également à travers une sororité fragilisée par des passés et des aspirations divergents que la réalisatrice interroge sur la difficulté de faire communauté.
