Sister Midnight (2024)

Réalisé par Karan Kandhari

Avec: Radhika Apte, Ashok Pathak, Chhaya Kadam, Smita Tambe

Pays:  Inde Suède Royaume-Uni

Genres: Comédie, Thriller

Durée: 1 h 50 min

Date de sortie:

Synopsis:
Une provinciale inadaptée débarque en ville après un mariage arrangé. Dans les nuits humides de Mumbai, elle tente de composer avec un époux maladroit, des voisins indiscrets et ses propres pulsions sauvages.

 

Critique Presse

Cannes 2024 : Sister Midnight, une farce noire sur la guerre des sexes en Inde

Dans la liturgie bien huilée du Festival de Cannes, consacrée à ce culte auteuriste où, nonobstant l’admiration qu’on peut y éprouver, rien de ce qui arrive ne semble plus devoir étonner l’œil exercé du festivalier, survient toujours ce moment, un peu incertain, vacillant, où un objet bizarre paraît tomber du ciel. La chose est arrivée dimanche 19 mai, à la Quinzaine des cinéastes, où le public, qui lui a réservé un chaleureux accueil, était invité à découvrir Sister Midnight, de l’Indien Karan Kandhari.

Le film met en scène, à Bombay, dans un quartier populaire et surpeuplé, un jeune couple qui vient de convoler en justes noces, promis l’un à l’autre depuis l’enfance, mais qui s’était en réalité perdu de vue depuis des lustres. Elle s’appelle Uma, lui Gopal. De très modeste condition, ils emménagent dans un gourbi, sorte de maison de papier mâché construite au ras du bitume. Pour une raison qui demeurera mystérieuse – comme à peu près tout ce qui survient dans ce film –, le couple ne file pas le parfait amour.

Jacques Mandelbaum, in Le Monde, le 21 mai 2024.

Sister Midnight, en chair et en noces

C’est un film indien, mais qui déjoue nos attentes. Quelque chose de Wes Anderson et Aki Kaurismäki dans son burlesque de vignettes quasi mutiques, et ce sens de l’ellipse élégamment manié par le cinéaste basé à Londres, Karan Kandhari, sur fond de rock anglais énervé. On comprend très vite que cette intrigue de mariage arrangé et malheureux (ou malheureusement arrangé), entre une jeune femme à forte tête et son falot de mari, ne nous entraîne pas sur le terrain du drame social qui appuie fort sur le pathos et le didactisme. Usée, cette formule s’est fait détrôner en festivals ces dernières années. La mode est au détournement pop pour s’emparer des maux de société, avec un goût prononcé pour le fantastique. Même campées dans l’expérience réaliste d’un pays, les charges contre le patriarcat s’hallucinent dans des intrigues de métamorphose […] , reprenant à leur compte le vieux stigmate de «la sorcière» comme un motif girl power.

Sandra Onana, in Libération, le 21 mai 2024.


Le mot de CinÉduc : 

La protagoniste, Uma, nous a de suite conquis ! Drôle et agaçante à la fois, elle campe un personnage des plus attachants qui offre une réflexion sur les relations hommes-femmes tout à fait novatrice et rafraîchissante. Si le film nous a séduits, c’est aussi pour ses multiples qualités cinématographiques. Traitement du son étonnant, recours à des effets de stop-motion désuets et cocasses, emprunts plus ou moins assumés au style de Buster Keaton : en mêlant savamment ces ingrédients, le réalisateur Karan Kandhari dresse un portrait de femme saisissant dans une Bombay haute en couleurs (même la nuit !). Nous avons tenu à vous montrer un pan de ce cinéma indien fort représenté – et fort bien ! – à Cannes cette année.

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