Avec : Alexis Manenti Julian Świeżewski Armindo Alves de Sa
Pays :
Genres : Romance
Durée :
Date de sortie :
Synopsis :
Critique Presse :
Du fioul dans les artères donne envie d’oser les grands sentiments
Dans Du fioul dans les artères, Pierre Le Gall mêle chronique sociale et ivresse amoureuse pour raconter la rencontre de deux routiers. Une œuvre sensible, découverte cette année à Cannes.
“J’avais envie de raconter un Roméo et Juliette dans le milieu des transports routiers.” En une phrase, le cinéaste résume l’ambition de son long-métrage, aussi étonnant qu’universel. Celui-ci est né du désir de filmer la route, ceux qui la traversent, parfois même l’habitent. Des hommes ordinaires pour qui le travail occupe toute la vie, ou n’est qu’un moyen de la gagner. Perchés à l’avant de leurs poids lourds, ces chauffeurs avalent les kilomètres pour conquérir un peu de confort et de dignité. Mais lorsqu’on passe ses journées entières à rouler, quel temps reste-t-il pour aimer ? (…).
C’est cette question, profondément existentielle, que pose Du fioul dans les artères à travers son héros Étienne – interprété par Alexis Manenti, dans l’un de ses plus beaux rôles. Routier fiable et taiseux, il aborde le Polonais Bartosz (Julian Świeżewski) au cœur d’un bois bordant une aire d’autoroute. D’abord, il l’observe, devine sa silhouette dans la maigre lumière que leur laisse la nuit. Puis vient le contact, à mesure que le désir s’installe. Une descente de police interrompt pourtant leur étreinte : le duo est accusé d’exhibition sexuelle. Relaxés, ils reprennent alors leur rencontre dans l’exiguïté d’une couchette de camion. Et dans cette façon de filmer les corps, les silences et les marges apparaît déjà toute la personnalité cinématographique de Pierre Le Gall.
Marthe Mabille, in Vogue France, 19 mai 2026
Du fioul dans les artères, le beau roman de deux routiers amoureux
Dans ce film présenté à la Semaine de la critique, Pierre Le Gall renouvelle le genre avec une pure romance, incarnée par Alexis Manenti et Julian Swiezewski.
La lecture du synopsis pouvait faire redouter le drame gay, avec son chauffeur n’assumant pas, rejeté par ses collègues hétéros faisant les gros bras. Mais pas du tout. Sans agiter l’étendard LGBTQIA+, lequel surgit tout seul dans l’esprit du spectateur, le scénario assume la simplicité d’une histoire d’amour, sujet intemporel, inusable comme la chanson Une belle histoire composée par Michel Fugain.Pierre et Bartosz sont juste bien ensemble. (…) L’alchimie sexuelle entre les personnages fonctionne et, après le premier rapport sur la couchette arrière, le film passe à autre chose. Cette relation épisodique peut-elle durer, Pierre et Bartosz ayant leurs propres horaires, stress et itinéraires ? Le récit réussit à faire exister d’autres personnages, tel ce petit jeune, nouveau venu dans le métier, qui, découvrant l’homosexualité de Pierre, lui dit simplement : « Si tu es heureux, fonce ! »
Clarisse Fabre, in Le Monde, 16 mai 2026
Du fioul dans les artères : une romance queer au bord de l’autoroute
Le ton est donné très tôt par une superbe scène de cruising entre camionneurs, dans un bois, qui rappelle L’Homme blessé de Patrice Chéreau avec cette façon de faire des lieux interlopes de petits théâtres du désir. Des silhouettes fugaces, des lampes torches, des regards francs avant de s’agenouiller ou de passer son chemin, et la police qui vient débusquer ces hommes ne gênant pourtant personne : c’est ironiquement cette répression d’un plaisir fugace qui crée les conditions (une poignée de mots échangés) pour le transformer en quelque chose d’autre.(…)
Alexis Manenti compose admirablement un chauffeur opaque et magnétique, avec ce visage qu’on peut regarder longtemps sans jamais tout à fait le percer. Face à lui, le Polonais Julien Swieżewski (que Pierre Le Gall a casté un peu par hasard sur une simple photo Instagram montrée par une amie) apporte une légèreté féline bienvenue.
Romanesque et politique, toujours en mouvement, le premier long métrage de Pierre Le Gall mêle adroitement la romance entre ces deux hommes que presque tout sépare, et le portrait d’un milieu ouvrier dont les conditions se dégradent du fait de la dérégulation et de la mise en concurrence du marché européen. L’amour court-circuite un temps les logiques du système, permettant de tracer des tangentes et des lignes obliques, mais tôt ou tard, la géométrie implacable du travail reprend ses droits et replace tout le monde sur des lignes droites, parallèles.
Jacky Goldberg, in Les Inrockuptibles, 18 mai 2026
Le réalisateur :
Grandissant face à une départementale, Pierre rêvait de prendre la route. Elle l’a mené à Paris, dans les bras d’un homme et vers le scénario. Depuis, il a écrit pour la télévision, le théâtre ou le cinéma. Dont le court métrage d’animation Les belles cicatrices, en Sélection officielle à Cannes et nommé aux César 2026. Du Fioul dans les artères, son premier long métrage, explore les deux thématiques qui le fascinent le plus au cinéma : le temps et l’amour. Extrait Site semaine de la Critique
Le mot CinÉduc :
Plonger dans ce récit filmique, écouter le témoignage de Pierre Le Gall, le réalisateur à l’issue de la séance, un vrai bonheur !
Pierre Le Gall filme avec une précision documentée, les détails et les trajectoires des univers routiers où se mêlent territoires intimes et contraintes professionnelles de ce métier itinérant. Du Fioul dans les artères est un film réjouissant et généreux, un film où l’élan amoureux cherche à s’affranchir des distances du temps et de l’espace, au rythme de la route.
