Kyuka: Before Summer’s End (2024)

Réalisé par Kostis Charamountanis

Synopsis:
L'été. Une famille de trois personnes, un père célibataire, Babis, et ses jumeaux, Konstantinos et Elsa, se rendent sur l'île de Poros sur le bateau familial pour leurs vacances. Alors qu'ils se baignent, prennent des bains de soleil et se font de nouveaux amis, Konstantinos et Elsa rencontrent, à leur insu, leur mère biologique, Anna, qui les a abandonnés lorsqu'ils étaient bébés. Cette rencontre va réveiller de vieux sentiments de rancœur. Un voyage doux-amer vers l'âge adulte.

Critique Presse:

Ces hésitations de l’été

Le charme du premier mouvement du film, simplement consacré aux microaventures des vacanciers (baignades, mal de mer, pêche, etc.), repose en partie sur la complicité de la fratrie. Les deux grands adolescents (ou jeunes adultes) s’entendent en effet d’une façon singulière (avec des jeux qui n’appartiennent qu’à eux, entre chambrages en tout genre et regards complices), au point que leur joie devient communicative. Dans ces scènes, Kyuka s’imprègne de l’émotion propre à un film de vacances amateur, donnant à son meilleur la sensation d’avoir retrouvé des cassettes mini-DV au fond d’un vieux tiroir poussiéreux. Charamountanis ambitionne cependant une œuvre d’une autre ampleur, ce que pointe notamment une forme de maniérisme. […] Outre le format 1:33, vignetté aux angles, et le faux grain imitant le 16 mm, le film a recours à de multiples effets, aux résultats plus ou moins heureux.

Marin Gérard, in Critikat, le 15 mai 2024.

 

Rivalités masculines au cœur d’un été décisif

Au fil de différents moments de convivialité, les masques vont peu à peu tomber, la tension culminant dans une formidable scène d’affrontement verbal entre les deux maris passionnés par la pêche, qui tourne au concours de performances (la femme est forcément le poisson à ferrer…) et à l’expression d’une rivalité masculine qui relève finalement d’une parabole de l’orgasme. Entre des images de poissons qui semblent faire autant la gueule que le père, des successions de photos pour mettre à distance le moment le plus dur, Kostis Charamountanis tente de jolies variations de mise en scène. Il s’appuie aussi sur un casting fort, les deux ados en première ligne (Simeon Tsakiris et Elsa Lekakou) permettant de poser au final la question de leur choix à eux : revoir et connaître cette mère, ou non. La conclusion, touchante, a le mérite de leur laisser le mot de la fin, mettant soudain les adultes et le poids de leurs liens passés à distance. Une jolie réussite…

Olivier Bachelard, in Abus de Ciné, le 18 mai 2024.


Le mot de Cinéduc :

Ne nous y trompons pas ! Si Kyuka signifie « Vacances » en japonais, le film de Kostis Charamountanis ne nous transporte pas du côté du pays du soleil levant mais en Grèce, sur l’île de Poros. De vacances, il en sera bien question en revanche : soleil, mer, maillots de bain sont au rendez-vous, peut-être comme un nouveau leurre… Nous avons particulièrement apprécié cette atmosphère parfois douce, parfois plus acid(!)ulée. Les nombreux effets de montage sont plaisants voire audacieux, notamment lors d’une scène décisive… Les jeunes comme leurs parents sont particulièrement attachants.

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